Créations textiles . Petites curiosités . Echanges . Extraits littéraires ; adages ; bavardages ; thèmes ; idées partagées .
Page 34.
Je suis heureuse avec Jo.
Ce n'est pas la vie dont rêvaient mes mots dans le journal
du temps où maman était vivante. Ma vie n'a pas la grâce parfaite
qu'elle me souhaitait le soir, lorsqu'elle venait s'asseoir à côté de
moi, sur le lit ; lorsqu'elle caressait doucement mes cheveux en
murmurant : tu as du talent , Jo, tu es intelligente, tu auras une
jolie vie.
Même les mamans mentent. Parce qu'elles aussi elles ont
peur.
Il n'y a que dans les livres que l'on peut changer de vie.
Que l'on peut tout effacer d'un mot. Faire disparaître le poids des
choses. Gommer les vilenies et au bout d'une phrase, se retrouver
soudain au bout du monde.
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Et puis je retrouve cette phrase à l'encre violette des filles,
vers la fin de mon journal, écrite avant que maman ne s'effondre
sur le trottoir.
J'aimerais avoir la chance de décider de ma vie, je crois que
c'est le plus beau cadeau qui puisse nous être fait.
Décider de sa vie.
Je referme le journal. Je suis grande maintenant alors je ne
pleure pas.
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Je me souviens avoir pleuré à la fin de la lecture de Belle du
Seigneur. Je fus même en colère lorsque les amants se jetèrent
par la fenêtre du Ritz à Genève. Je jetai moi-même le livre à la
poubelle et, dans sa courte chute, il emporta le grand A.
Et comme c'est le WE, la vidéo :